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Taxe Google: Les éditeurs de presse font pression

dans Actualités
Le 20 octobre 2012 par Sébastien Monnier

Entre le géant de Mountain view , les éditeurs de presse et le ministère de la culture, le bras de fer est engagé.

Un projet de loi visant à taxer Google et les agrégateurs de contenu presse a été déposé et même si Aurélie Filippetti, ministre de la Culture, trouve « l’idée extrêmement pertinente », il n’en va pas du même ton pour Google qui menace de déférencer les sites de presse français.

Déjà exprimé sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, c’est l’association de la presse d’information politique et générale (IPG) qui remet la question au goût du jour en déposant ce fameux projet de loi, familièrement appelé la « Lex Google » et déjà adopté en Allemagne depuis le mois d’Août 2012.

 

La « Lex Google », concrètement, c’est quoi, ça sert à quoi ?

 

C’est une taxe qui obligerait les agrégateurs de contenu presse comme Google news à verser une rémunération aux éditeurs de presse et aux journaux dès lors que leur articles seraient référencés sur le web.

Entre la presse gratuite et le tournant numérique, il est vrai que la presse traditionnelle a quelque peu été malmenée au cours de ces 10 dernières années. Ils ont effectivement investi massivement dans les versions numériques de leur journaux, leur référencement SEO et les applications mobile. Et comme tout ça n’aurait jamais été possible sans les subventions de l’état, aujourd’hui chacun réclame sa part du gâteau.

(selon l’observatoire des subventions , le budget 2012 prévoit 272.8 millions d’euros d’aide à la presse)

Sur les pas de l’industrie de la musique, les éditeurs de presse veulent punir la reproduction de contenu et considèrent qu’un lien hypertexte qui pointe vers un article sans toucher la moindre rémunération est une forme de contrefaçon qui est punissable de « trois ans d’emprisonnement et de 300 000 euros d’amende ».

La réaction de Google ne s’est pas fait attendre !

Particulièrement visé par ce projet de loi, Google a sans tardé envoyé une lettre a plusieurs ministères expliquant qu’il « redirige quatre milliards de clics par mois vers les pages internet des éditeurs français » et qu’il ne peut accepter un tel droit, sans quoi il « serait en conséquence contraint de ne plus référencer les sites français ». Google ajoute qu’ « Une telle loi aboutirait à limiter l’accès à l’information, à réduire le nombre de sites français référencés sur Internet mais aussi à freiner l’innovation»

L’intégralité de la note a été publiée dès hier soir, le 18/10/12 sur le blog européen de Google

Suite à cette annonce, Fleur Pellerin, ministre de l’économie numérique recevra les représentants de Google France Vendredi 19 octobre à 15h00 pour un débat qui s’annonce musclé ! Woptimo va suivre de près de cette actualité.

N’y a-t-il pas une impression de déjà vu ?

En effet, les éditeurs de presse belge avaient voulu attaquer Google pour indexation de leurs articles sans accords (financiers) préalables. Cette décision avait été confirmée par la cours d’appel de Bruxelles et le géant américain avait été condamné pour contrefaçon. La décision de justice prévoyait une amende de 25 000€ par infraction s’il ne retirerait pas les contenus appartenant aux éditeurs belges de son service Google Actualités.

Ainsi en Juillet 2011, Google a exécuté la sanction au pied de la lettre, de manière peut-être un peu extrapolée et les sites officiels des principaux journaux belges ont été supprimés de l’index Google.

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Ce «blackout » n’aura finalement duré que 3 jours, Google annonçant avoir trouvé un accord avec les éditeurs belges. Les sites des journaux nationaux ont été réindexés rapidement.

 

Alors Pronostics ! Qui perdra, qui gagnera ?

La position dominante de Google agace, mais les « 4 milliards de clics » font rêver !

L’économie numérique tend à être de plus en plus encadrée. En effet, parallèlement à ce projet de loi, 2 amendements ont été déposés au projet de budget 2013 afin de financer le très haut débit.
L’un viserait une taxation sur les revenus issus de la publicité en ligne, ce qui représente 97% du chiffre d’affaire de Google en 2012 et le second prévoit d’imposer les sites réalisant plus de 460 000 € par an.

Le match s’annonce donc serré mais nous restons confiant sur l’avenir du web.

Finalement, avec la « lex google », ce sont les éditeurs de presse qui espèrent gagner mais concernant la taxation fiscale, le gagnant sera l’état… et 2 gagnants sur la même course, ça ne peut exister.

Le web est aujourd’hui un véritable espace marchand, et en comprendre toute les ficelles est indispensable à la réussite. Il est un peu dommage de constater à quel point nos politiciens manquent de recul et de connaissances basiques en web… Au fait, Woptimo fait des formations en référencement; si cela peut intéresser, on accepte de se déplacer jusqu’à la rue de Valois 😉